Le récent accord de Washington, présenté comme une avancée significative pour la stabilisation de l’Est de la République Démocratique du Congo, fait l’objet d’un examen minutieux qui révèle des écarts importants entre le contenu des documents officiels et les déclarations publiques. Le journaliste Gramic Legrand a, ce lundi 07 juillet publié des observations suite à la récente sortie médiatique de la Ministre des Affaires Étrangères, Madame Thérèse Kayikwamba. Elles soulèvent de sérieuses interrogations. Selon Gramic, ces divergences ne sont pas anodines et interpellent sur la maîtrise des dossiers par certains officiels ou sur la stratégie de communication adoptée.
Gramic Legrand, qui affirme avoir lu l’intégralité de l’accord, ses annexes, le Concept d’Opérations (CONOPS) et la résolution 2773, pointe du doigt plusieurs inexactitudes flagrantes dans les propos de la Ministre.
Le CONOPS : Plus de phases et des délais non figés
Contrairement aux affirmations de Madame Kayikwamba, qui a déclaré que le CONOPS se déroulait en trois phases de trente jours chacune, le journaliste Gramic Legrand rectifie : le CONOPS est en réalité structuré en quatre phases, et aucune d’entre elles n’a une durée fixe de trente jours. Cette clarification est cruciale, car elle impacte directement la planification et les attentes liées aux opérations sur le terrain.
La neutralisation des FDLR : Pas de synchronisation automatique avec le Rwanda
Un point particulièrement sensible concerne la neutralisation des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). La Ministre aurait indiqué que cette neutralisation serait concomitante avec la levée des mesures défensives du Rwanda. Or, Gramic Legrand est catégorique : « Nulle part, l’accord de paix qui reprend le CONOPS » ne stipule une telle simultanéité. Le document évoque plutôt une « coordination des opérations entre les FARDC, le RDF (Forces de Défense rwandaises) et d’autres partenaires. » De plus, la phase 2 du CONOPS, dédiée à la conduite des opérations, met en avant la neutralisation des FDLR comme première action, sans la lier à des conditions préalables de retrait rwandais.
La « sensibilisation » des FDLR : Une confusion sémantique
La notion de « sensibilisation » des FDLR, mentionnée par la Ministre, est également mise en cause. Le journaliste Gramic Legrand affirme que l’accord ne prévoit aucune « sensibilisation des FDLR ». Il parle plutôt de la « sensibilisation des communautés locales », dans l’objectif de recueillir des informations précieuses sur la localisation des FDLR, afin de faciliter leur neutralisation, et non leur persuasion.
Le rôle des États-Unis : Témoin, non signataire
Enfin, Gramic Legrand apporte une précision importante concernant l’implication des États-Unis. Contrairement à ce qui aurait été suggéré, le gouvernement américain n’est pas signataire de cet accord. Son rôle est celui d’un « attestataire », ce qui signifie qu’il agit comme témoin de l’accord, lui conférant une légitimité et une reconnaissance internationales, mais sans être directement partie prenante.
Ces observations du journaliste Gramic Legrand mettent en lumière une divergence notable entre le contenu des documents officiels et la communication faite au public. Ces écarts soulèvent des questions légitimes sur la clarté et la transparence de l’information transmise aux citoyens congolais, surtout lorsque des enjeux aussi fondamentaux que la paix et la sécurité dans l’Est du pays sont en jeu. Une compréhension précise des termes de l’accord est essentielle pour toutes les parties concernées.

