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Examen d’État 2025 : Steve Mbikayi appelle à une réforme à l’ère de l’intelligence artificielle pour défavoriser les pratiques de tricherie 

Chaque année, des milliers d’élèves congolais passent l’Examen d’État, un rite de passage essentiel vers leur avenir. Cette année, le député national et ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Steve Mbikayi, a publié ce 29 juillet une tribune sur X (ex-Twitter) dans laquelle il alerte sur la perte de crédibilité de cette évaluation nationale. Il y pointe notamment la banalisation de la tricherie ainsi que les nouveaux défis posés par l’intelligence artificielle.

 

Dans sa tribune intitulée « Tribune libre 223 », le député commence par adresser ses encouragements aux finalistes, tout en soulignant l’importance du mérite, de l’intégrité et de la rigueur. Il appelle cependant à dénoncer les dérives systémiques qui, selon lui, minent l’Examen d’État depuis plus d’une décennie.

« Il est un secret de Polichinelle que les centres d’examen d’État sont devenus des espaces où la fraude est orchestrée à des échelles inquiétantes, avec la complicité active de certains surveillants », écrit-il.

Des pratiques de tricherie banalisées

Dans sa prise de parole, Steve Mbikayi dénonce des pratiques devenues presque normales dans plusieurs centres : fuites d’épreuves, vente de réponses à l’avance, corrections collectives, et surveillance complaisante. Selon lui, cette culture de la fraude est favorisée par un système de contrôle affaibli et un encadrement trop laxiste.

Il critique également le recours quasi-systématique aux questionnaires à choix multiples (QCM), qui, d’après lui, ont développé chez certains élèves une « paresse intellectuelle » et des « stratégies de contournement » au détriment de la réflexion critique et de l’analyse personnelle.

L’intelligence artificielle : entre opportunité et menace

La tribune aborde aussi l’émergence de l’intelligence artificielle générative, notamment dans le contexte des examens. Steve Mbikayi reconnaît les avantages technologiques de l’IA dans la correction automatisée, mais met en garde contre son mauvais usage.

« L’intelligence artificielle est un couteau à double tranchant. Elle est à la fois un levier de progrès et un vecteur de paresse cognitive », prévient-il.

Face à ce constat, il invite le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) à repenser les modalités d’évaluation. Il suggère d’abandonner progressivement les QCM au profit d’épreuves rédactionnelles, plus structurantes, qui encouragent l’argumentation et la pensée critique.

Une alerte adressée à l’État et aux élèves

En conclusion, Steve Mbikayi adresse un message fort aux autorités, mais aussi aux élèves. Il félicite les finalistes pour leur engagement, tout en lançant un avertissement à ceux qui misent sur la tricherie pour obtenir leur diplôme :

« Qu’ils sachent que ce n’est pas le diplôme qui défendra leur avenir, mais eux qui devront défendre leur diplôme tout au long de leur vie », écrit-il.

Il exhorte enfin l’État congolais à faire preuve de lucidité face à cette crise de crédibilité du système éducatif, en rappelant que l’échec massif d’étudiants congolais dans les universités étrangères dès les premiers cycles devrait suffire à sonner l’alarme et justifier une réforme en profondeur de l’enseignement secondaire.

Jonathan Laying