À Kinshasa, après la pluie, c’est la catastrophe dans la ville. Dans certains coins de la capitale congolaise, les rues se transforment en rivières débordantes, contraignant plusieurs familles à rester confinées chez elles, de peur non seulement de s’exposer à des risques de noyade, mais aussi pour échapper aux dépenses excessives qu’imposent le phénomène « pusu » et « mukongo ».
Dans certains quartiers de la ville frappés par les inondations, les jeunes profitent des débordements pour gagner de l’argent. Après la pluie, ils proposent aux passants des moyens de traverser, avec des tarifs précis : 500 FC pour se faire porter au dos (mukongo) et 1.000 FC pour traverser à bord d’un pousse-pousse (pusu). Refuser de payer ces montants ou n’avoir pas d’argent, c’est se voir contraint de rester à la maison, de rater le travail ou ses rendez-vous, ou encore d’accepter de patauger dans une eau boueuse pleine de microbes. Une situation qui inquiète profondément la population.
« Nous ne savons plus quoi faire après la pluie. Pour gagner de l’argent, les jeunes risquent leur vie en portant sur leur dos tous ceux qui refusent de patauger dans cette eau. Ils exigent 500 FC par personne, et 1.000 FC pour ceux qui veulent monter dans les pousse-pousse. Vraiment, nous souffrons énormément. Quand tu n’as pas d’argent, tu dois soit accepter de patauger dans l’eau au péril de ta vie, soit piocher dans ton argent de transport pour payer ces jeunes. », déplorent les habitants du quartier Mombele dans la commune de Limete, ce mercredi au micro de votre rédaction.
Face à cette situation, ils lancent un SOS aux autorités de la ville pour s’atteler sérieusement au curage des caniveaux, afin d’éviter les inondations qui provoquent de véritables catastrophes. Ce phénomène est récurrent dans plusieurs coins de la capitale. Une bonne politique d’assainissement permettrait enfin à cette partie de Kinshasa d’illustrer le célèbre adage : « Après la pluie, le beau temps ».

