La ville de Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, a connu une matinée de forte tension ce mardi 11 novembre. Des affrontements ont éclaté entre des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et un groupe de médecins en colère, venus protester contre la mort tragique du Docteur Dibu Nawej Emmanuel dans un cachot de la police.
Les médecins, rassemblés dans l’enceinte de l’hôpital général de référence Mwangeji, avaient prévu une marche pacifique suivie d’un sit-in devant le gouvernorat provincial pour réclamer justice. Mais à peine sortis sur la voie publique, ils ont été violemment dispersés à coups de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre.
Plusieurs centaines de praticiens, venus de différents hôpitaux et centres de santé du Lualaba, ont alors quitté leurs postes de travail pour exprimer leur solidarité envers leur collègue décédé. Aucune communication officielle n’avait encore été faite par le gouvernement provincial en fin de matinée.
Le mouvement de colère fait suite à la mort du Docteur Dibu Nawej Emmanuel, médecin directeur de l’hôpital Mupaja (numéro CNOM : 11409), survenue dans la nuit du 9 au 10 novembre 2025. Selon plusieurs sources concordantes, le médecin aurait été arrêté après avoir accidentellement frôlé le véhicule d’un officier de police. Il aurait ensuite été conduit dans un cachot de la PNC, où il a trouvé la mort quelques heures plus tard, dans des conditions encore floues.
Dans un communiqué officiel, le Conseil provincial de l’Ordre des médecins du Lualaba (COPROM) s’est dit profondément choqué par ce décès qu’il qualifie de tragique et inacceptable.
« Le bureau du Conseil provincial de l’Ordre des médecins du Lualaba a la profonde douleur d’annoncer à l’ensemble de la corporation médicale de la RDC, et particulièrement celle du Lualaba, la mort du Docteur Dibu Nawej Emmanuel, décès survenu dans des circonstances qui restent à élucider », indique le document signé par le Docteur Jean-Paul Nyembo, président du COPROM/Lualaba.
Le COPROM, soutenu par les syndicats SYNAMED et SYMECO, a entamé des démarches officielles auprès des autorités compétentes pour obtenir une enquête approfondie et indépendante afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
Cette situation met en lumière la fragilité du climat social dans le secteur de la santé à Kolwezi, où les praticiens dénoncent depuis plusieurs années des abus et humiliations infligés à certains membres du corps médical par les forces de sécurité.
Les médecins promettent de poursuivre leur mobilisation jusqu’à ce que justice soit rendue pour leur collègue disparu.

