Dans la province du Kongo-Central, la tension a été perceptible ce vendredi 8 mai au centre-ville de Matadi. Un groupe de militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a protesté contre la réhabilitation de Papy Mantezolo par la Cour constitutionnelle au poste de président de l’assemblée provinciale.
Des pneus brûlés, des policiers déployés sur le terrain, des coups de feu et des gaz lacrymogènes ont retenti : la situation était tendue vendredi matin dans différentes rues de Matadi, chef-lieu de la province du Kongo-Central. Des membres et sympathisants du parti au pouvoir ont protesté contre la décision de la Cour constitutionnelle, qui a réhabilité Papy Mantezolo, poursuivi pour détournement présumé de deniers publics.
Pour eux, cette décision est perçue comme une provocation politique et un déni de la volonté exprimée localement, ce qui a ravivé les tensions au sein de la classe politique provinciale.
La mobilisation, initialement limitée, s’était étendue avec une présence accrue de partisans venus de différents quartiers de Matadi.
Cette affaire relance le débat sur le rôle des institutions judiciaires dans la régulation des crises politiques provinciales en République Démocratique du Congo.
D’un côté, la décision de la Cour constitutionnelle est présentée comme une application du droit.
De l’autre, une partie de la population politique y voit une décision contestable aux conséquences politiques lourdes.
Dans un contexte national déjà marqué par de fortes rivalités politiques, cet épisode au Kongo Central illustre une nouvelle fois la fragilité de l’équilibre institutionnel au niveau provincial.
Les observateurs craignent une radicalisation du mouvement si aucune médiation n’est rapidement engagée.
Didier Ilunga

