Malgré les préalables posés pour affermir la confiance des parties, les négociations devront vite débuter sur les « causes profondes » des conflits armés dans l’Est du pays. Selon les contenus des déclarations de l’AFC/M23, ces problématiques engloberaient notamment des enjeux fonciers, démographiques et identitaires.
Si ces matières sont inscrites à l’ordre des discussions à la suite de l’accord du 23 mars 2009, ceci pourrait ouvrir la boîte de Pandore dans le cadre des négociations à Doha, manquant d’inclusivité, nécessaire pour garantir un consensus national sur ces questions cruciales pour l’avenir du pays.
Par ailleurs, la temporalité des négociations directes à Doha pourrait influencer significativement la mise en œuvre de l’accord de Washington du 27 juin dernier, dont le mécanisme conjoint de coordination devrait être opérationnel à partir du 28 juillet.
La signature de l’Accord de paix entre la RDC et l’AFC/M23 représente la condition sine qua non pour la neutralisation des FDLR. En effet, la persistance de l’occupation exclusive des zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par l’AFC/M23 entrave la sensibilisation des populations locales, un préalable au déclenchement des opérations de neutralisation des FDLR et de leurs supplétifs (lesquels?).
L’effectivité de la neutralisation des FDLR et celle du désengagement des troupes rwandaises sont nécessaires à la mise en oeuvre du volet économique de l’accord de Washington impliquant la mise en place, par la RDC et le Rwanda, d’un cadre d’intégration économique régionale, en vue du
déploiement des investissements américains.
Le Gouvernement congolais ferait oeuvre utile de poursuivre l’objectif d’un consensus entre les communautés locales dans l’Est du pays pour une paix durable, au-delà de la cessation des hostilités.

