Malgré l’annonce pour bientôt de l’aboutissement des processus de Doha et Washington faite par le président Félix Tshisekedi et le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa pour le retour d’une paix durable dans l’Est de la RDC, les accusations de violation du cessez-le-feu entre les deux parties ne cessent de sonner aux oreilles des médiateurs.
Le retour d’une paix durable dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo semble être une arlésienne. C’est l’image que les rebelles de l’AFC-M23, qui contrôlent plusieurs zones dans cette partie du pays, et le gouvernement congolais, qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour récupérer son intégrité territoriale présentent. Après avoir donné une lueur d’espoir au peuple congolais sur l’aboutissement des processus de Doha et de Washington, les deux parties en conflit continuent à s’accuser mutuellement.
Ce lundi 10 Novembre, l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars ont condamné avec la plus grande fermeté les attaques incessantes par drones menées par les forces coalisées du régime de Kinshasa. À en croire son porte-parole, Lawrence Kanyuka, « ces agressions, qui bafouent ouvertement les engagements de cessez-le-feu, ont une nouvelle fois pris pour cible des populations civiles dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 novembre 2025, cette fois à Luki, dans le territoire de Masisi. »
Face à cette escalade de violence et à ces crimes contre des innocents, l’AFC/M23 dit qu’elle ne se contente pas de dénoncer ces violations répétées. « Notre Organisation réaffirme son engagement sans faille à protéger et à défendre les civils, lâchement pris pour cible par les forces de Kinshasa. »
À cela s’ajoute le tweet du coordonnateur adjoint de cette organisation politico-militaire, Bertrand Bisimwa qui a accusé le gouvernement congolais de briller par une double posture. « Au moment où à Doha, nous ne nous lassons d’attendre l’arrivée de la délégation de Kinshasa, ce régime brille par une double posture: sur les médias il porte un discours de paix, sur le terrain, il pose des actes belliqueux et criminels qui compromettent tous les espoirs de paix. », peut-on sur son compte X ce mardi 11 Novembre.
Deux jours avant cette dénonciation, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) avaient accusé samedi dernier les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, d’avoir intensifié ses attaques dans l’Est du pays, en violation des engagements pris dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha.
Dans un communiqué, l’armée congolaise dénonce des “violations manifestes et intentionnelles” de la part de “la coalition terroriste AFC/M23 soutenue par le Rwanda”, malgré les appels de la communauté internationale, notamment des États-Unis et du Qatar, à la cessation des hostilités. Ils ont été mis à l’index d’avoir attaqué plusieurs positions militaires au Sud-Kivu et au Nord-Kivu au cours des 72 dernières heures.
Ce nouvel épisode des accusations remet en doute l’aboutissement des accords de Washington et de Doha, annoncé par le président de la RDC, Félix Tshisekedi devant la diaspora congolaise au Brésil. Jusque-là, les négociations n’ont pas encore réussi à réconcilier les cœurs et à pacifier les esprits.

