Un mouvement de retrait des troupes de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a été observé ce jeudi 26 mars 2026 dans les groupements de Kisimba et d’Ikobo. Si les rebelles abandonnent certaines positions stratégiques, la population locale reste partagée entre espoir et suspicion de manœuvre tactique.
L’incertitude plane sur le territoire de Walikale. Après plusieurs semaines d’occupation, les éléments de la coalition AFC/M23 ont commencé à évacuer plusieurs localités clés. Selon des sources concordantes, ce mouvement a débuté en début d’après-midi, touchant particulièrement les zones de Minjenje, Mpety et Kanune.
À Kalembe, véritable verrou stratégique de la région, le spectacle était saisissant ce jeudi. Des témoins rapportent avoir vu des colonnes de combattants transportant leur matériel logistique. « Certains étaient à bord de véhicules, d’autres se déplaçaient à pied », indiquent des sources locales.
Le retrait s’est déroulé sur deux axes principaux :
– L’axe Kalembe-Mpety : Les troupes stationnées à Minjenje et Mpety (localité Banakindi) ont levé le camp.
– Le groupement Ikobo : À Kanune, les rebelles ont quitté l’agglomération pour faire route vers Miriki, situé dans le territoire voisin de Lubero.
Bien que le gros des troupes semble être parti, les services de sécurité et l’administration territoriale signalent toutefois la persistance de « résiduels » dans certaines zones, appelant à la vigilance.
Pour l’heure, la direction de l’AFC/M23 n’a émis aucune communication officielle pour justifier ce mouvement. Cependant, ce départ intervient exactement trois jours après une importante réunion d’officiers rebelles tenue à Minjenje.
Le contexte militaire local pourrait également expliquer ce repli. La zone de Kanune a été récemment le théâtre de violents affrontements entre les rebelles et les groupes d’autodéfense « Wazalendo ». Ces combats avaient poussé une partie importante de la population civile à fuir vers des zones plus sécurisées.
Sur le terrain, la prudence reste de mise. Si certains voient dans ce retrait une désescalade potentielle, d’autres craignent un simple repositionnement stratégique.
« Nous craignons une manœuvre destinée à contourner la vigilance des forces en présence pour frapper ailleurs ou revenir avec plus de force », confie un habitant sous couvert d’anonymat.
La population déplacée, qui vit dans des conditions précaires, attend désormais des signaux clairs de la part des autorités militaires régulières avant d’envisager un retour durable dans leurs foyers. Pour l’instant, Walikale retient son souffle, observant de près la direction que prendront ces colonnes rebelles dans les prochaines heures.
Gracieux Bazege

