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Nouvelles arrestations à Goma : l’AFC/M23 multiplie les opérations de bouclage dans la commune de Karisimbi

Une nouvelle opération de bouclage menée par les rebelles de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC/M23) a visé, ce mercredi matin, le quartier Mabanga-Sud dans la commune de Karisimbi. C’est la sixième intervention du genre dans cette partie de la ville, théâtre d’une insécurité persistante. Les arrestations se sont concentrées sur les jeunes, soupçonnés d’accointance avec des groupes hostiles à la rébellion.

 

 

Dès 5h du matin, les éléments rebelles ont procédé au quadrillage de Mabanga-Sud. La population, surprise en pleine aube, a été contrainte de quitter ses domiciles pour un contrôle d’identité organisé au stade de l’Unité. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ce contrôle a donné lieu à de nombreuses arrestations, bien qu’aucun chiffre officiel n’ait été communiqué par l’AFC/M23.

Les personnes interpellées sont suspectées de collaborer avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les miliciens d’autodéfense Wazalendo, ou encore les rebelles hutus des FDLR.

Au cours de l’opération, deux jeunes auraient été grièvement blessés par balle alors qu’ils tentaient de fuir les lieux. Ces informations, relayées par des témoins, n’ont toutefois pas été confirmées par la rébellion, qui reste silencieuse sur les circonstances et les conséquences de cette nouvelle opération.

Depuis plusieurs semaines, les forces rebelles multiplient les contrôles musclés dans les quartiers urbains et ruraux de la région. En tout, près de 80 personnes auraient été arrêtées à Goma et dans le territoire voisin de Nyiragongo, selon des sources locales, pour des liens présumés avec les ennemis du M23.

Ces interventions créent un climat de peur généralisée au sein des habitants, qui redoutent des représailles ou des arrestations arbitraires. Les familles vivent sous tension, craignant de voir un proche disparaître sans explication.

La précédente opération remonte au 3 juillet dernier, au marché de Kituku à Kyeshero (commune de Goma), où plusieurs personnes avaient également été interpellées, semant l’inquiétude parmi les commerçants et les riverains.

Face à cette escalade, des organisations locales de défense des droits humains haussent le ton. Elles dénoncent des abus répétés, des détentions sans base légale, et des violations potentielles de l’intégrité physique des citoyens arrêtés. Elles appellent les acteurs nationaux et internationaux à surveiller de près la situation et à exiger des comptes sur les pratiques sécuritaires mises en place par les forces rebelles.

Dans une ville déjà fragilisée par la guerre, ces méthodes alimentent une spirale de méfiance et de tensions, alors que le processus de paix piétine dans l’est de la République démocratique du Congo.

 

Gracieux Bazege