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RDC : Condamné à mort pour trahison, Joseph Kabila appelle les congolais à appliquer l’article 64 de la constitution pour en finir avec Tshisekedi (ENTRETIEN)

Entre ses ambitions de retour au pouvoir, le débat sur la révision constitutionnelle et son choix de s’installer à Goma, ville sous occupation des rebelles de l’AFC/M23, appuyés par le Rwanda, l’ex-président Joseph Kabila a tenu à mettre les points sur les i.

 

Dans un entretien exclusif accordé à nos confrères de LA LIBRE vendredi dernier, et rendu public ce lundi 23 Mars 2026, l’ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange n’a pas d’abord caché ses ambitions de rediriger le pays. Il a déclaré qu’il faut mettre fin à ce qu’il qualifie de « tyrannie » et « dictature » du régime en place. Et pour y arriver, il estime qu’il est nécessaire de sensibiliser la population congolaise tout en l’appelant d’appliquer l’article 64 de la constitution pour mettre fin au pouvoir de l’actuel président Félix Tshisekedi.

« Je ne pense pas à demain, je pense à aujourd’hui. Je l’ai déjà dit en mai dernier, il faut mettre fin à cette dictature, cette tyrannie qui vient de s’installer. Et pour y arriver, il faut mobiliser, sensibiliser tous les Congolais, qu’ils soient en exil ou à l’intérieur du pays. Il faut que ce soit une mission pour chacun de nous. Et pour en finir avec ce régime, les Congolais ont à leur disposition l’article 64 de la Constitution (Tout Congolais a l’obligation de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation de la Constitution », a-t-il déclaré depuis Goma.

Pourriez-vous dire, comme l’a fait Corneille Nangaa, le coordonnateur de l’AFC/M23 et ancien patron de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), “c’est moi qui ai mis au pouvoir Félix Tshisekedi, c’est à moi de le faire partir” ?

S’agissant de cette question, Joseph Kabila précise :

« Je laisse ces propos à Corneille Nangaa. En 2019, ma famille politique a signé un accord avec Cach (la plateforme de Tshisekedi et Kamerhe, NdlR). On avait la majorité parlementaire à la Chambre et au Sénat, Tshisekedi ne pouvait gouverner sans cette majorité. On a donc créé ce partenariat politique pour qu’il y ait une gestion apaisée des affaires de l’État jusqu’aux prochaines élections. Par la suite, Tshisekedi et sa famille politique ont juré qu’il n’y avait jamais eu d’accord. Malheureusement pour eux, il n’y a qu’une seule copie, et je l’ai gardée parce que je savais que si je leur donnais, cela se retrouverait immédiatement sur les réseaux sociaux. », a-t-il répondu.

Le débat sur la révision constitutionnelle était également au menu de cet entretien. Quant à cette question qui continue à défrayer la chronique, Joseph Kabila déclare : « Quelle Constitution ? Pour Kinshasa, elle n’existe pas. Elle est ignorée depuis 2019. Alors, que vont-ils réviser au juste ? Je pense que l’idée c’est plutôt l’adoption d’une nouvelle Constitution. Tout ce tripatouillage est dangereux, extrêmement dangereux. »

En ce qui concerne, les attaques de drones, Kabila révèle qu’il a toujours été ciblé :

« On a toujours été visés par le régime de Kinshasa. Est-ce que j’étais ciblé personnellement ? Est-ce la population congolaise qui était visée comme elle l’est depuis des mois dans le Masisi, sur les Hauts Plateaux ou partout ailleurs ? Des enquêtes sont en cours. Mais je garde le moral. »

Votre présence à Goma, siège de l’AFC/M23, suscite bien des questions ?

« Goma, c’est chez moi. Je vous reçois dans la maison que j’ai achetée en 1999. L’acharnement contre ma personne et contre ma famille politique a commencé depuis 2019. Bien avant la naissance de l’AFC/M23. Je considère que je suis en droit d’être en contact et de parler avec tous les Congolais en ayant comme objectif principal la cohésion et la recherche de la paix. Pour moi, c’est même une mission. », a réagi Joseph Kabila.

En septembre 2025, l’ancien Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a été condamné à la peine de mort. Le verdict a été par la Haute Cour militaire à Kinshasa, en l’absence du prévenu.

Il est accusé d’être le Chef de la rébellion AFC/M23 qui sème la terreur dans l’Est de la RDC dans le but de renverser les institutions de la République.

 

Felly Luyindadio