Le pays s’apprête à vivre sans aucun doute un moment historique mais aussi sensible qu’inedit de son histoire politique. Ce jeudi 22 mai, tous les regards sont tournés vers la chambre haute du Parlement, où les sénateurs doivent se prononcer sur le rapport très attendu : celui de la commission spéciale chargée d’examiner la demande de levée des immunités de Joseph Kabila, ancien président de la République et sénateur à vie.
La procédure a été enclenchée à la suite d’un réquisitoire explosif de l’Auditeur général des FARDC. Les accusations sont d’une gravité exceptionnelle : trahison, collusion avec le Rwanda, et implication présumée dans les atrocités commises par la rébellion du M23 dans l’Est du pays. Des accusations qui ébranlent l’opinion, tant elles visent une figure longtemps perçue comme intouchable.
Kabila, lui, garde le silence. Il est hors du pays, loin de la fièvre politique de Kinshasa. Il ne s’est pas présenté devant la commission. Pas un mot. Pas une explication. Une absence remarquée, qui nourrit les spéculations, alimente les suspicions et attise le débat sur les réseaux sociaux.
Le rapport de la commission, présidée par le sénateur Christophe Lutundula, sera soumis à la plénière. Le vote, scruté de près, pourrait ouvrir une brèche historique : pour la première fois, un ancien président congolais pourrait être exposé à des poursuites judiciaires.
Jonathan Laying

