Le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution a atteint son paroxysme au sein des différentes couches sociales de la RDC. Après avoir critiqué ses collègues, lors de sa précédente prédication, pour ne se concentrer que sur cette question tout en prenant fait et cause pour le pouvoir en place, le pasteur de l’église Cité Béthel, Moïse Mbiye, est revenu apporter des éclaircissements sur ses propos qui ont suscité de vives réactions.
Il n’a pas cédé face à de multiples pressions. Lors d’une interview accordée ce lundi 11 Mai 2026 à nos confrères de la Radio Top Congo, le responsable de l’église Cité Béthel a assumé ses propos. Il précise qu’il ne s’oppose pas au soutien du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, mais dénonce l’opportunisme financier de certains pasteurs. Il affirme même avoir rejeté l’idée de certains pasteurs de créer un mouvement religieux destiné à soutenir le pouvoir en place afin de gagner de l’argent.
« Des jeunes pasteurs qui viennent me voir pour me dire, pasteur, toi, tu es un homme élevé, tu connais tel monsieur dans le gouvernement, tu as des entrées partout par rapport à ta position. Nous, on peut se greffer, on peut passer derrière toi, créer un mouvement lié aux églises, créer notre propre mouvement où tu seras notre leader. Comme ça, avec la facilité que tu as d’entrer partout, nous pourrons manger de l’argent. », a d’abord révélé Mbiye, avant de poursuivre les propos de ses collègues :
« »Nous pourrons faire comme si nous accompagnions tel ministre, nous accompagnons le Chef de l’État pour que de temps en temps, nous soyons payés ». Vous voyez, j’ai vu des choses comme ça tout le temps. Et moi, une fois, j’ai posé une question à l’un des pasteurs qui m’a proposé la chose. Je lui ai dit, quel est l’article qui devrait changer dans la Constitution ? Il me dit, je ne sais pas, mais ça doit changer. Seulement, on doit accompagner le chef de l’État. J’ai dit, c’est ça le problème. Vous ne devriez pas communiquer comme ça. », a déploré le pasteur.
Il pense qui’il faudrait, plutôt, viser l’intérêt du peuple et non d’une personne, en prenant l’exemple de sa propre église, dont il a modifié les statuts obsolètes de 1994 pour les adapter aux réalités actuelles, justifiant ainsi qu’un texte peut être changé s’il favorise le développement et la stabilité.
« C’est-à-dire que nous soyons contre le changement, que nous soyons pour le changement, mais il ne faudrait pas se lever et dire nous le faisons pour le Chef de l’État. Même le chef de l’État n’a pas besoin de ça, mais nous le faisons parce que le pays doit évoluer. », a-t-il ajouté.
Le Pasteur insiste sur le rôle de médiateur et de protecteur de l’Église. Elle doit se tenir aux côtés du peuple et non servir de marchepied financier pour les leaders religieux.
Il déplore que de nombreux hommes de Dieu (pasteurs, imams, prêtres) appellent au changement constitutionnel sans avoir lu le texte ni maîtriser les articles en question. Il appelle la nouvelle génération de leaders à « étudier » avant de communiquer.
Selon Moïse Mbiye, une Constitution peut être changée « même 50 fois » si cela garantit la paix, le social et le développement, mais elle doit rester intouchable si l’objectif est purement politique ou individuel.

