Alors que les négociations climatiques se poursuivent à Belém, au Brésil, la République Démocratique du Congo (RDC) mise sur ses programmes nationaux de protection des forêts pour attirer davantage de financements climatiques internationaux. Le pays entend démontrer que ses forêts tropicales, considérées parmi les plus vastes et les plus intactes du monde, jouent un rôle crucial dans la régulation du climat planétaire.
Selon la ministre de l’Environnement, Prof. Marie Nyange Ndambo, la RDC ne réclame pas simplement des aides, mais une reconnaissance équitable de sa contribution à la stabilité climatique mondiale.
« Nous voulons que le monde reconnaisse notre capacité à réguler le climat. Cette reconnaissance doit s’accompagner de retombées à la hauteur des sacrifices que nous consentons pour le monde », a-t-elle déclaré.
La ministre a insisté sur la nécessité que ces retombées profitent directement aux communautés locales et autochtones, véritables gardiens des forêts congolaises.
Le gouvernement congolais mettra en avant deux initiatives phares :
– Le Couloir vert Kivu–Kinshasa,
– Le programme “La Forêt c’est Nous”.
Le Couloir vert Kivu–Kinshasa, instauré par le décret n°25/01 du 15 janvier 2025, signé par la Première ministre Judith Suminwa, est présenté comme une aire protégée unique au monde. Cette initiative, voulue par le Président Félix Tshisekedi, couvre plus de 100 000 km² de forêts primaires et vise à concilier préservation de la biodiversité, lutte contre le changement climatique et développement socio-économique.
S’étendant de Beni à Kinshasa, le couloir englobe des zones stratégiques telles que la Route Nationale n°4 (Beni–Kisangani) et le bassin du fleuve Congo. Il ambitionne de transformer des régions fragilisées par les conflits en pôles de croissance verte, basés sur l’économie durable et la protection communautaire.
Le programme “La Forêt c’est Nous” complète cette vision en ciblant la reforestation des 145 territoires du pays. Il repose sur une cartographie participative et sur la mobilisation de plus de 900 ingénieurs forestiers chargés d’adapter les actions de reboisement aux réalités locales. L’objectif : offrir à chaque territoire une solution écologique sur mesure, mesurable et durable.
À Belém, la RDC entend défendre son statut de pays-solution, mais aussi revendiquer une justice climatique qui tienne compte des efforts consentis par les pays forestiers.
« Nos forêts ne doivent plus seulement servir au monde. Elles doivent aussi bénéficier à nos populations », a conclu la ministre Marie Nyange Ndambo.
Par cette approche, Kinshasa espère convaincre les bailleurs et les partenaires internationaux de renforcer leur soutien financier pour assurer la protection durable de la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, au profit des générations présentes et futures.

