Lors de la présentation du rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la République démocratique du Congo, en mars 2026, le vice‑Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a dressé un constat sans détour sur les défis structurels que pose la désindustrialisation du pays.
S’exprimant au cours d’un panel consacré aux entreprises publiques, Daniel Mukoko Samba a plaidé pour une série de réformes ambitieuses destinées, selon lui, à « reconstruire » l’appareil productif congolais. Parmi les priorités avancées, il a insisté sur la nécessité impérieuse de réduire drastiquement le coût de production par un meilleur accès à l’énergie, par la simplification et l’amélioration du cadre réglementaire, par la modernisation des infrastructures logistiques et par un accès élargi et plus adapté au financement des entreprises.
Le vice‑Premier ministre a également rappelé l’importance d’une stratégie de compétitivité ciblée pour relancer la transformation industrielle : le gouvernement a ainsi opté pour l’identification de trois à cinq filières prioritaires en tête desquelles figurent l’agro‑industrie et le raffinage des produits miniers qui seront développées au sein de corridors économiques clairement délimités. Objectif affiché : concentrer les investissements publics et privés, créer des synergies sectorielles et territoriales, et générer des effets d’entraînement en faveur de l’emploi et de la valeur ajoutée locale.
Reconnaissant l’ampleur des défis dès l’accès à l’énergie jusqu’à la compétitivité des coûts logistiques. Mukoko Samba a souligné que ces réformes exigeraient une coordination étroite entre l’État, les entreprises publiques, les investisseurs privés et les partenaires internationaux. À ses yeux, le succès de cette feuille de route dépendra autant de mesures immédiates visant à alléger le coût du fonctionnement des entreprises que d’investissements structurants de long terme, notamment dans les infrastructures et le capital humain, pour permettre à la RDC de renouer avec une trajectoire durable de croissance industrielle.
Jonathan Lukusa

