La figure emblématique de l’opposition congolaise, Martin Fayulu a tenu un point de presse ce vendredi 08 Mai 2026 à Kinshasa, soit deux jours après la conférence de Félix Tshisekedi. Dans ses propos, l’opposant a accusé le président de la République de tout pour faire pour s’éterniser au pouvoir et dénoncé la tentative de coup d’état constitutionnel.
Devant la presse, Martin Fayulu a affirmé que certaines déclarations de Félix Tshisekedi poussent à se demander si la guerre qui sévit dans l’Est de la RDC n’est pas entretenue pour empêcher l’organisation des élections de 2028. Il a précisé que les propos du Chef de l’État avaient pour but d’annoncer qu’il veut demeurer au pouvoir à tout prix, tout en remettant en cause l’hypothèse selon laquelle : « on ne peut pas organiser des élections si les territoires restent occupées. »
« Mais en 2023, il a organisé les élections frauduleuses sans certaines parties de la République. », a-t-il d’abord rappelé, avant de poursuivre : « Bon, mais les référendums qu’il compte organiser avec ses professeurs de droit constitutionnel, il va le faire comment ? Il va le faire sans les noms de Kivu, sans les chutes de Kivu, et même les touris. C’est pour cela que nous nous disons qu’il y a des priorités. Et dans ces priorités, seul, personne ne peut, parce que nous sommes devant un pays qui a armé des gens pour combattre le Congo. », a estimé Martin Fayulu.
Proposition de loi sur le référendum : vers un coup d’état constitutionnel
Lors de son point de presse, Martin Fayulu a également dénoncé une tentative de coup d’état constitutionnel orchestrée par le député national Paul-Gaspard Ngondakoy. Selon lui, la proposition de loi de l’élu de la Tshopo n’est pas une simple loi référendaire. « Il s’agit d’une tentative méthodique de contourner ce que notre constitution a rendu intangible. C’est un subterfuge destiné à permettre à Monsieur Félix Tshisekedi de réaliser un véritable coup d’état constitutionnel. »
« La contradiction est flagrante. Comment peut-on, dans un même texte, prétendre respecter les limites constitutionnelles tout en organisant leur violation? D’un côté, l’article 6 de la proposition de loi rappelle clairement un principe fondamental: ‘toute révision constitutionnelle doit respecter les articles 218 à 220 de la Constitution ». Il énumère sans ambiguïté les matières intangibles. Mieux encore, cet article précise « qu’aucune révision ne peut porter ni sur ces matières, ni sur celles qui leur sont liées ». Mais, de l’autre côté, les articles 87 à 90 introduisent un mécanisme qui vide cette interdiction de toute substance. », a expliqué Fayulu.
Il a également remarqué que cette démarche émane de personnes qui enseignent elles-mêmes le droit constitutionnel. « Comme le disait Jean de La Fontaine: Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Mais ici, il ne s’agit plus seulement de flatterie. Il s’agit d’une dérive grave: mettre le savoir juridique au service de la violation de la Constitution. »
Le président de l’ECIDé a, par ailleurs, promis que la majorité du peuple congolais va barrer la route à tout projet de troisième mandat du président Félix Tshisekedi, comme cela a été fait par le passé pour l’ancien président Joseph Kabila.
Felly Luyindadio

